Faut-il vraiment souscrire une assurance moto aujourd’hui ?

7 motards sur 10 sont déjà tombés, affirme la sécurité routière. Ce chiffre n’a rien d’un mythe : prendre la route à moto, c’est accepter un risque supérieur à celui des automobilistes, et souvent, les conséquences sont autrement plus lourdes. Mais au-delà du danger, la loi française ne laisse aucune ambiguïté : chaque deux-roues doit être assuré. Avant de choisir une formule ou de signer un contrat à la va-vite, il vaut mieux saisir les points clés. Voici cinq repères à connaître sur l’assurance moto.

1. Qu’est-ce que l’assurance moto ?

Les motards français vivent sous deux impératifs : respecter les règles de sécurité, casque obligatoire depuis 1973, gants certifiés depuis 2016, et surtout, assurer leur véhicule, même s’il ne quitte jamais le garage. La responsabilité civile est le socle : elle protège les tiers en cas d’accident. À partir de là, trois formules structurent le marché :

  • Assurance au tiers : Ce niveau de base couvre les dommages causés à autrui si vous êtes responsable d’un accident. En revanche, il ne prévoit aucune indemnisation pour vos propres blessures ou dégâts matériels. Si l’autre conducteur est en tort, c’est son assurance qui prendra en charge vos réparations et soins.
  • Assurance intermédiaire (dite « tiers plus ») : Elle ajoute au minimum légal la garantie contre l’incendie et le vol. Ces deux risques sont couverts dans le contrat, sans être des options accessoires.
  • Assurance tous risques : Ici, la protection est maximale. Dommages au véhicule (y compris hors accident), préjudices corporels de l’assuré : tout est pris en compte. Toutefois, la garantie contre les blessures n’est pas systématiquement incluse dans tous les contrats, il faut donc bien vérifier ce point.

Quel que soit le niveau choisi, il est vivement recommandé d’inclure la couverture « garantie individuelle accident ». En cas de blessure sérieuse ou d’hospitalisation, l’indemnisation dépend du seuil fixé dans le contrat (par exemple, une invalidité permanente de plus de 10 %). En cas de décès, les bénéficiaires reçoivent un capital déterminé à l’avance.

La question des franchises n’a rien d’anecdotique. Deux modèles existent : la franchise relative, si les réparations coûtent moins que le montant défini par le contrat, rien n’est remboursé,, ou la franchise absolue, qui ne laisse à votre charge que la différence entre le coût du sinistre et la franchise. Exemple concret : si la réparation coûte 250 € et que la franchise est de 150 €, l’assureur vous rembourse 100 €.

Comme pour l’auto, le bonus-malus récompense les conducteurs prudents et sanctionne les fautifs. Un an sans accident responsable et la prime baisse de 5 %. Après 13 ans de conduite irréprochable, la cotisation peut être divisée par deux. À l’inverse, chaque accident responsable entraîne une hausse de 25 % de la prime, mais ce malus disparaît si deux années sans accident s’écoulent.

2. À qui s’adresse l’assurance moto ?

Toute personne possédant un deux-roues est concernée. Contrairement à une idée répandue, même une moto immobilisée ou stationnée en permanence doit être assurée, comme une voiture laissée au parking. La responsabilité civile reste en vigueur tant que le véhicule peut potentiellement causer un dommage.

3. Quels sont les avantages ?

Chaque formule offre un niveau de protection adapté à des usages ou des besoins différents :

  • Au tiers : En cas d’accident dont vous êtes responsable, l’assurance prend en charge l’indemnisation de la victime. Si vous êtes la partie lésée, c’est l’assurance adverse qui intervient.
  • Formule intermédiaire : Contrairement à la formule au tiers, l’incendie et le vol sont inclus d’office, sans surcoût. Attention toutefois aux conditions d’application, comme le dépôt de plainte ou la preuve d’effraction.
  • Tous risques : Cette formule propose la couverture la plus large. Des options supplémentaires peuvent s’y ajouter, comme la garantie des « accessoires spécifiques » ou la mise à disposition d’un « véhicule de remplacement » en cas d’immobilisation prolongée.

4. Quelles sont les limites de l’assurance moto ?

À côté des avantages, chaque formule impose ses propres restrictions :

  • Au tiers : La couverture se limite strictement aux dommages causés à autrui. Vos propres réparations ou blessures restent à votre charge si vous êtes responsable de l’accident.
  • Formule intermédiaire : Le vol entre dans les garanties, mais uniquement sous réserve que toutes les précautions aient été prises : antivol homologué, stationnement dans un lieu fermé… Faute de quoi, l’indemnisation peut être refusée.
  • Tous risques : Cette formule ne protège pas systématiquement le conducteur contre toutes les conséquences d’un accident. Il peut donc s’avérer judicieux de souscrire des garanties optionnelles pour combler les manques.

Un point de vigilance supplémentaire : les seuils de déclenchement et les plafonds d’indemnisation. Le premier correspond au montant minimal à partir duquel l’assureur intervient ; le second fixe la limite maximale de remboursement. Par exemple, si le contrat prévoit une prise en charge à partir de 10 % d’invalidité et que l’expertise médicale retient 8 %, aucune indemnisation ne sera versée.

5. Quel budget prévoir pour assurer une moto ?

Avant de choisir une formule, il faut se poser les bonnes questions : âge et valeur de la moto, usage fréquent ou occasionnel, exposition au vol… Assurer un vieux deux-roues en tous risques n’a souvent aucun sens, alors qu’un modèle neuf le justifie pleinement.

Les montants de franchise et les plafonds de versement doivent également être passés au crible. Un motard qui ne sort sa machine que quelques week-ends par an pourra opter pour une simple assurance au tiers. À l’inverse, celui qui roule quotidiennement multiplie les risques : chute, accident, vol… mieux vaut alors s’orienter vers une formule renforcée. Et toujours, surveiller la qualité de l’indemnisation proposée.

Concrètement, il faut compter environ 250 € par an pour assurer un deux-roues de cylindrée moyenne au tiers, et environ 300 € pour une formule tous risques basique. Pour un modèle haut de gamme ou une grosse cylindrée, l’addition grimpe : 1 000 € annuels pour une couverture complète. Du côté des scooters premium, l’assurance au tiers s’élève à 350 €, tandis qu’une formule tous risques peut atteindre 700 €. La catégorie du véhicule, ses équipements, la zone de stationnement et l’usage quotidien ou ponctuel peuvent faire varier ces montants du simple au triple.

Sur la route, rien n’est jamais écrit d’avance. Mieux vaut donc rouler assuré, plutôt que de laisser le hasard décider des conséquences. L’assurance moto, c’est moins une formalité qu’un filet de sécurité, prêt à amortir les coups durs quand ils surgissent là où on ne les attend pas.

Plus de contenus explorer

Formule 1 : Ferrari veut prendre le dessus sur Mercedes en 2016

Maurizio Arrivabene, le directeur de la Scuderia Ferrari, a remobilisé ses troupes en leur donnant des objectifs précis, principalement la victoire pour le titre

Après le Renault Kadjar, le nouveau Scénic séduit au Salon de Genève 2016

Evènement toujours très attendu dans le monde de l'automobile, le Salon de Genève a ouvert ses portes le 3 mars 2016 pour 10 jours