Recevoir une amende pour un accident commis à l’autre bout du pays, sans jamais avoir quitté sa région : voilà la mésaventure qui guette désormais de nombreux automobilistes britanniques. Derrière ces sanctions tombées du ciel, une technique de fraude bien rodée : le clonage de plaques d’immatriculation, utilisé pour masquer des véhicules impliqués dans des délits, ou pour inventer de toutes pièces des accidents. Résultat : des innocents piégés dans des labyrinthes administratifs, pendant que les faussaires courent toujours.
Ce phénomène, en nette progression, met sous pression assureurs et policiers, qui se retrouvent souvent démunis pour démêler la réalité de la fiction. Les victimes, elles, s’échinent à prouver leur innocence, pendant que les fraudeurs s’engouffrent dans les failles du système d’immatriculation britannique.
Escroqueries aux plaques d’immatriculation au Royaume-Uni : un phénomène en pleine expansion
La fraude à la plaque d’immatriculation explose sur le territoire britannique. Les rapports de la sécurité routière font froid dans le dos : les plaintes liées au clonage de véhicules ne cessent d’augmenter, notamment dans les grandes métropoles comme Manchester ou Birmingham. Les escrocs choisissent de préférence des modèles très répandus, histoire de se fondre dans la circulation.
Comment s’y prennent-ils ? Ils recopient la plaque d’un véhicule existant, la fixent sur un modèle similaire, puis multiplient les infractions : excès de vitesse, stationnement gênant, voire accidents simulés. Le propriétaire légitime, lui, reçoit les contraventions ou se retrouve convoqué pour une collision dont il n’a jamais entendu parler. Aucune catégorie n’est à l’abri, de la compacte urbaine à la berline familiale, qu’il s’agisse d’une Ford ou d’une Jaguar banale sur les routes du pays.
Voici les principaux points qui illustrent l’ampleur du problème :
- Signalements en hausse : 2023 marque une nette progression des fraudes, toutes catégories de véhicules confondues.
- Assureurs débordés : les compagnies d’assurance peinent à faire le tri entre vrais et faux dossiers, ce qui retarde la gestion de nombreux cas légitimes.
- Automobilistes piégés : contester une usurpation relève souvent du parcours du combattant, ajoutant à la frustration des conducteurs de bonne foi.
La France commence à être touchée à son tour, poussant police et gendarmerie à renforcer la coopération transmanche. Reste à chacun de redoubler de prudence, sur la route comme dans ses démarches administratives.
Comment les arnaques à l’accident de voiture imaginaire fonctionnent-elles ?
Derrière ces pseudo-accidents, on retrouve une exploitation habile des subtilités du droit britannique, en particulier autour de la responsabilité civile et pénale. Les fraudeurs montent des dossiers bidon auprès des assureurs, s’appuyant sur des déclarations fictives d’accrochage ou de choc, dans l’espoir de décrocher une indemnisation, parfois même un remboursement de soins médicaux inventés pour l’occasion.
Le scénario est bien rôdé : la victime est contactée, souvent par courrier ou téléphone, pour l’informer d’un sinistre dont elle ignore tout. Les détails fournis paraissent crédibles : date, lieu, numéro de plaque, description du modèle, parfois même de faux témoignages à l’appui. Toute la stratégie repose sur une confiance aveugle dans le système d’assurance, et sur le fait que certains automobilistes, notamment ceux venus de France, ne maîtrisent pas toutes les règles du droit anglais.
Les étapes de ces arnaques suivent souvent ce schéma :
- Procédure administrative : dépôt de plainte ou ouverture d’une démarche amiable auprès de l’assurance, basée sur de faux faits.
- Pression : les escrocs cherchent à mettre la victime sous tension, évoquant des frais ou la menace d’un retrait de permis pour accélérer la réponse.
- Données détournées : utilisation d’informations personnelles récupérées lors de fuites de données ou par piratage.
Face à cette multiplication des fraudes, la sécurité routière britannique tire la sonnette d’alarme. Les assureurs, eux, se retrouvent à devoir enquêter sur un nombre croissant de dossiers suspects, ce qui allonge les délais pour tous les assurés. Dans ce contexte, rester sur ses gardes, vérifier chaque demande et document, demeure la meilleure parade contre ces manipulations.
Des exemples concrets pour comprendre les méthodes des fraudeurs
Les ateliers automobiles de Liverpool ou Sheffield recueillent de plus en plus d’histoires similaires. Exemple frappant : un conducteur reçoit une lettre officielle, l’informant d’un accident survenu dans le South Yorkshire. Tous les détails concordent : plaque exacte, date plausible, modèle précis (ici, une Jaguar XE très courante en Angleterre). L’assureur réclame photos et constat. Pourtant, jamais l’intéressé n’a mis les pieds dans cette région.
Autre situation, plus retorse : des expatriés français installés à Londres se voient accusés d’un accrochage imaginaire impliquant une voiture immatriculée en France. Un courrier, rédigé dans un anglais irréprochable, réclame le numéro d’assurance et un virement bancaire pour éviter des poursuites. L’assurance, dans le doute, exige des preuves… mais la demande n’a aucun fondement.
La police britannique confirme la recrudescence de ce type de stratagèmes. Les faussaires n’hésitent pas à utiliser de fausses plaques, récupérées lors d’essais ou d’échanges de véhicules. Face à ces pratiques, chaque automobiliste doit adopter quelques réflexes simples :
- Consulter son assureur avant d’entamer toute démarche administrative
- Signaler aux services compétents toute demande au contenu douteux
- Garder une trace de ses déplacements, notamment si le véhicule circule régulièrement au Royaume-Uni
Conseils essentiels pour se prémunir contre ces tentatives d’escroquerie
Devant l’essor des accidents imaginaires au Royaume-Uni, mieux vaut ne rien laisser au hasard. Premier réflexe en cas de contact suspect : joindre directement son assureur grâce au numéro figurant sur la carte verte ou sur les documents officiels, jamais via celui qui apparaît sur la lettre ou l’email reçu.
Si l’on vous réclame un rapport médical ou des documents inhabituels, redoublez d’attention. Les fraudeurs jouent sur la complexité du droit anglais et de la common law. Pour vous protéger, gardez la tête froide : notez avec précision tous vos trajets, conservez vos justificatifs de péages, et ne transmettez jamais d’informations bancaires sans avoir vérifié la légitimité du demandeur.
- En cas de doute persistant ou si la pression s’accentue, contactez immédiatement les autorités locales ou les services d’urgence
- Refusez toute précipitation : l’urgence est souvent l’arme favorite des escrocs
- Pour les Français établis au Royaume-Uni, sollicitez l’ambassade ou le consulat pour une aide adaptée à votre cas
Gardez à l’esprit que la responsabilité civile et la responsabilité pénale varient selon les pays. Un point vous semble flou ? Faites appel à votre protection juridique. Les compagnies d’assurance, désormais plus aguerries, disposent d’équipes spécialisées dans la détection de ces fraudes. Au moindre doute, le signalement rapide reste votre meilleur allié.
Dans cette guerre d’usure entre fraudeurs et automobilistes, une certitude s’impose : rester attentif, c’est déjà reprendre la main sur son propre dossier. De quoi rouler l’esprit un peu plus tranquille, même sur des routes où la méfiance s’invite désormais à chaque virage.


